Après avoir passé mon enfance et mon adolescence à lire les aventures de Bob Morane, créées par Henri Vernes, et celles de Tintin et Milou, qui parcouraient le monde à la recherche d’aventures, je fus fasciné par le projet de faire le tour du monde, comme les fils d’aristocrates faisaient le Grand Tour de l’Europe au XVIIᵉ siècle.

À dix ans, en 1967, je visitais l’exposition universelle « Terre des hommes ». De nombreux pays disposaient de pavillons à l’architecture innovante. Tout le monde venait vers moi. Maintenant, c’était moi qui devais aller vers le monde.

Heureusement, Quentin Ramette, mon fils, semble avoir acquis ce goût du monde grâce aux nombreux voyages que nous avons faits ensemble.

Cela m’apparaissait parfaitement complémentaire à mes études en sciences politiques à l’Université de Montréal. Je voulus me forger une personnalité de citoyen du monde. « Je suis homme et tout ce qui est humain m’intéresse », disait l’écrivain Térence.

À l’époque, je travaillais à temps partiel à l’hôpital psychiatrique Louis-Hippolyte-Lafontaine, à Montréal. Après quelques années, je pris une année sabbatique qui me garantissait un emploi au retour de mon grand voyage.

Je voulais visiter dix pays avec un mois de présence chacun dans l’intervalle d’un an.